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Dans la rue a gardé la foi envers les jeunes en difficulté

Aux yeux de la majorité des Montréalais, Dans la rue, ce n’est que la roulotte qui sillonne les rues de la métropole jour et nuit pour distribuer, bon an mal an, 175 000 hot-dogs, 10 800 sacs de provisions d’urgence et des boissons chaudes. Mais il ne s’agit là que de la pointe de l’iceberg de cet organisme qui offre une multitude de services professionnels aux jeunes. Il y a bien ce winnebago acheté à crédit pour 10 000 $ en 1988 par le père Emmett Johns, mais au fil des ans sont nés Le Bunker, refuge de nuit, puis le Centre de jour qui ensemble desservent et aident chaque année des centaines de jeunes dans le cadre d’un travail titanesque et insoupçonné.

Écrit par Claude Giguère

Vendredi, 18 février 2011

http://ruefrontenac.com/nouvelles-generales/societe/33449-dans-rue

Proudhon a écrit que « l’anarchie, c’est l’ordre sans le pouvoir ». On a tendance à le croire après seulement quelques minutes passées au Centre de jour Dans la rue. Derrière les portes de l’immeuble effacé, rue Ontario, on découvre une microsociété, un joyeux bordel, un brin anarchique, oui, mais tellement organisé en même temps.

Dans la rue, c’était auparavant Le Bon Dieu dans la rue. Le Bon Dieu a pris le bord, mais le mandat de l’organisme fondé en 1988 par le père Emmett Johns, alias « Pops », est resté le même : aider les jeunes à survivre dans la rue et à se remettre sur pied. Dans l’ombre, sans subventions, grâce aux dons du public et d’entreprises, la job continue de se faire de façon efficace.

Dans la rue offre tout ce qu’il faut pour que celui qui franchit ses portes puisse améliorer son sort. L’essentiel d’abord, soit des repas chauds servis tous les midis, puis aussi, au sous-sol, le dépôt où sont distribués les dons reçus : vêtements, couvertures, accessoires divers et bouffe à chien

Maude Thuot, animatrice à l'atelier d'art du Centre de jour de l'organisme Dans la rue. Photo Benoit Pelosse

Une infirmière, deux psychologues, un musicothérapeute, deux profs orthopédagogues, toujours sur place, et aussi des conseillers du Centre d’emploi ou d’autres du Centre Dollard-Cormier - pour les désintox - qui passent chaque semaine. Une grande cafétéria, un atelier d’art, une école secondaire alternative, un local de musique, et, stationné sur le côté de l’édifice, le fameux winnebago qui s’apprête à prendre la rue pour aller rejoindre ceux qui ont faim et froid une fois le soleil couché.

Il y a aussi des gens passionnés, tant du côté des employés que de celui des jeunes qui fréquentent la place. Et ce gros chien qui nous regarde, l’air de demander « t’es qui, toi ? »

En fait, il y en a trois en tout, dont les laisses sont attachées à une patte de chaise ou à un tuyau et qui sont couchés sur le manteau de leur maître occupé ailleurs. Un juste à côté des bureaux de l’administration, l’autre de l’infirmerie où ce jeune en piètre état et qui tousse de façon inquiétante consulte, et le dernier près de la porte du fumoir où on retrouve Ludivine Gros, intervenante à l’école secondaire alternative Emmett Johns, située au deuxième étage.

Entre deux pofs de cigarette, elle jase avec ce jeune, 18 ans peut-être, une sixième année en banque, question de le convaincre qu’avec quelques cours, il pourrait avoir une équivalence de 3e secondaire et enfin suivre cette attestation d’études professionnelles dont il parle souvent. Il l’écoute et rigole, on sent bien que ça ne se fera pas tout de suite. L’attention de la demi-douzaine de jeunes est plutôt portée vers cet autre qui fanfaronne en montrant son bout de carton sur lequel il est écrit qu’il est prêt à rendre service aux passants en soulageant leurs poches du poids d’un peu de monnaie. « Shit man, il a fait 50 $ en trois heures avec ça ! » jalouse son voisin de cendrier.

Des étoiles dans les yeux

De retour dans le hall principal, accoudée sur une petite table, Ludivine explique le fonctionnement de l’école secondaire alternative fréquentée annuellement par une cinquantaine de jeunes. Des cours de maths et de français des niveaux un à cinq y sont offerts quatre jours par semaine, en plus de cours optionnels de musique.

« On veut les préparer à intégrer le marché du travail ou à un retour dans une école un peu plus traditionnelle. Souvent, ce sont des jeunes qui ont vécu certains échecs scolaires pas nécessairement par rapport à des troubles d’apprentissage, mais plus liés à un beat de vie ou à de l’absentéisme, ce qui fait que nous on essaie de travailler sur les habiletés sociales : acquérir une forme de ponctualité, un respect de l’engagement… »

Émilie Martin, 21 ans, participante aux ateliers d'art et étudiante à l'école secondaire alternative de l'organisme Dans la rue (école Emmett Johns). Photo Benoit Pelosse

Les cours de musique, qui permettent d’accumuler trois crédits en vue de l’obtention d’un DES, c’est une autre des façons de mettre le grappin sur les jeunes. « Si tu es capable de travailler en art, je suis sûre que tu vas être capable de t’engager dans d’autres matières. C’est moins le fun, mais t’es capable ! Parce que des fois c’est très confrontant, ça te ramène à tes propres difficultés ou à tes échecs passés, et ce n’est pas facile parce que souvent on leur a dit qu’ils n’étaient pas bons, pas capables, qu’ils ne s’en sortiraient jamais. On dirait qu’ils portent ce fardeau-là. Donc, l’idée, pour nous dans cette école, c’est de rebooster tout ça, de leur donner une estime d’eux-mêmes... Tu sais, quand tu as des jeunes qui passent leurs premiers examens de maths ou de français et qu’ils les réussissent... c’est wow, c’est des étoiles dans les yeux ! »

Évidemment, les jeunes les plus mal en point recevront, avant de s’asseoir sur les bancs d’école, l’aide physique et psychosociale qui leur permettra de stabiliser leur situation. « Je les rencontre, je vois quels sont leurs objectifs, c’est quoi leurs problèmes parce qu’on va travailler sur l’ensemble. C’est une approche systémique, on va regarder tout ce qui se passe au niveau de leur contexte et de leur environnement, de leur appartement, de leur stabilité, parce que pour venir à l’école il faut dormir et manger. »

Se prendre en main

Émilie Martin, 21 ans, fréquente l’école secondaire de Dans la rue. Il lui en manque peu pour avoir son DES, quelques cours de maths et de français, un autre en histoire qu’elle pourra suivre à l’éducation aux adultes ou par correspondance. Comme c’est le cas de plusieurs de ceux qui fréquentent l’organisme, elle ne présente pas le profil auquel on s’attendrait de la clientèle de la place.

Pas vraiment d’itinérance dans son cas, mais un parcours quand même rock and roll. Des fugues de quelques mois à l’âge de 15 et 16 ans, et ce malgré une famille aimante et une vie peinarde en banlieue. « Le goût de trips de liberté », explique-t-elle. Un premier appartement et du travail au noir dès 18 ans, ensuite l’aide sociale pendant six mois, avec moins de 600 $ par mois pour vivre, puis le programme Jeunes en action d’Emploi Québec, grâce auquel elle reçoit maintenant 850 $, tout en terminant son secondaire.

« Je voulais me prendre en main, et ce programme se base sur ton futur, il t’aide avec tes études et ton c.v. Pop’s (Dans la rue), je connaissais déjà ça, parce que les jeunes punks on connaît tous ça ! Les premières fois que j’y suis allée, c’était pour manger parce que j’avais pas assez d’argent pour faire l’épicerie. J’avais aussi beaucoup de tickets et ils m’ont aidée à m’en débarrasser », explique-t-elle en faisant référence aux travaux compensatoires.

Un autre coup de main que lui a fourni Dans la rue récemment a été de lui permettre de consulter un vétérinaire gratuitement. Son chaton avait avalé une punaise, il allait crever, le pic de métal avait transpercé sa gorge et ressortait dans son cou sanguinolent.

Et pour la suite ? Une fois le DES complété, elle pensait suivre un programme collégial en santé animale. « Mais j’ai peur de me retrouver à torcher dans un pet shop. Alors je me dirige plutôt vers une technique de scène. Peut être que je déciderai plus tard de pousser au max et d’aller à l’université pour devenir vétérinaire. » En attendant, elle traîne entre son petit appartement du quartier Centre-Sud, les bancs d’école de Dans la rue et le local où pratique son groupe Les Gens d’Armes tout en démolissant les préjugés tenaces qui collent à la peau des jeunes marginaux, qu’ils soient dans la rue ou Dans la rue.

«Ce n’est pas facile parce que souvent on leur a dit (à ces jeunes) qu’ils n’étaient pas bons, pas capables, qu’ils ne s’en sortiraient jamais», dit Ludivine Gros (deuxième à gauche), qu'on voit en train de jaser avec une de ces jeunes, Émilie Martin. L'animatrice Maude Thuot et Jodie (à droite) discutent d'un projet d'art. Photo Benoit Pelosse

Dans la rue, c’est chaque année…
• 65 employés professionnels
• 135 bénévoles
• 2 101 démarches de réinsertion
• 865 accompagnements et références
• 483 démarches de recherche de logement
• 356 interventions en situation de crise
• 301 démarches d’aide pour désintoxication
• 145 démarches pour rejoindre un travailleur social
• 52 étudiants inscrits à l’école secondaire alternative
• Au Centre de jour : 27 511 visites, 25 859 repas servis, 1 936 visites à l’atelier d’art, 1 720 douches prises, 761 brassées de lavage
• Au Bunker (refuge de nuit) : 2 804 visites, 2 394 couchers, 272 jeunes de moins de 18 ans, 164 sessions de counselling avec les membres de la famille.
• Pour faire un don : www.danslarue.com