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Hommage à René Binet

EN HOMMAGE A Me RENÉ BINET, AVOCAT , HUMANISTE SPÉCIALISÉ DANS LE DROIT DES ENFANTS, l'homme qui a été mon mentor depuis mes tout début dans cettte noble cause…

LES TAMBOURS DE LA MISERE
Confronté à ce qu'il considère être comme d'importantes lacunes dans le système, il y a quelques années, René Binet a choisi de prendre la parole ouvertement et publiquement. Depuis, signataire de nombreux articles sur le droit des jeunes et sur l'importance d'éradiquer la pauvreté, il dénonce régulièrement ce qu'il voit quotidiennement dans sa pratique. « Pendant 14 ans j'ai fait du cas par cas, tenté d'écouter les jeunes, de comprendre ce qu'ils vivaient, de mettre différents outils à leur disposition, puis je me suis dit que c'était insuffisant. J'ai eu envie de crier haut et fort qu'il fallait réagir, de réclamer des actions, de prendre le problème globalement. Nous avons de beaux systèmes : le Tribunal de la jeunesse, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse et j'en passe, qui coûtent des fortunes. On a l'impression que tout baigne dans l'huile, que tous ces droits-là sont respectés, mais dans les faits, quand on est sur le terrain, on se rend compte que c'est tout autre chose. En ce moment, je vois les petits frères des chefs de gangs de rue que j'ai vu il y a cinq ou dix ans. L'histoire se répète et la barbarie est contagieuse. »

http://www.barreau.qc.ca/pdf/journal/vol35/no17/professionavocat.html

LES TAMBOURS DE L'INJUSTICE

Guylaine Boucher


Dans le local gris et impersonnel adjacent au Tribunal de la jeunesse, une voix s'élève, rythmée, emportée. Les constats sociaux alarmants résonnent comme autant de notes discordantes. Avocat en droit de la jeunesse, René Binet exerce le droit comme jadis la musique : en harmonie avec lui-même. En 14 ans de pratique, plus de 5 000 jeunes aux prises avec la justice ont défilé devant lui. Taxage, agression, vol qualifié, placement d'enfant, il a plaidé dans toutes sortes de causes, toutes sortes de conditions. Touché par ces jeunes et leurs histoires, il n'hésite jamais à prendre le micro pour dénoncer l'état de pauvreté et d'isolement dans lequel la majorité de ceux qu'il rencontre sont cantonnés. Histoire de passion, histoire de conviction.

M<sup>e</sup> René Bine
Me René Bine

Enfant et même adolescent, rien ne prédisposait René Binet à devenir avocat. «Des cousins et d'autres membres de ma famille étaient en droit, mais moi, personnellement, je n'avais jamais pensé aller là-dedans. Je trouvais même le milieu un peu repoussant, comme quelque chose qui est aux antipodes de mes convictions. Je ne m'identifiais pas à ça. Je voyais ça comme quelque chose d'ennuyant. Pour moi, c'était comme entrer dans les ordres. »

Après des études en musique et plusieurs années de tournées comme batteur dans les bars enfumés de la province en compagnie de Bob Walsh notamment, l'envie de retourner sur les bancs d'école émerge. Kinantropologie, communications, les options sont multiples, la décision difficile. Finalement, inscrit comme étudiant libre en sciences politiques et en sciences juridiques à l'Université du Québec à Montréal, son univers bascule. « J'ai eu un cours en droit des jeunes et j'ai adoré ça. Renée Poupart qui m'enseignait à ce moment-là m'a appris qu'il y avait un bac. Je me suis inscrit. À ma grande surprise on m'a accepté. J'ai passé trois années à arpenter les corridors de la bibliothèque de droit. J'arrivais le matin et je repartais le soir quand tout fermait. Je suis littéralement tombé dans le droit et j'ai adoré ça. »

Son baccalauréat complété, il s'inscrit à l'École du Barreau, échoue deux de ses examens et décide de retourner à ses anciens amours. « Au départ, lorsque je me suis inscrit au bac je ne voulais pas faire le Barreau. Je voulais une formation qui me permettrait de continuer à travailler en musique, à produire des spectacles, à négocier des contrats, etc. C'est finalement ce que j'ai fait. J'ai travaillé au Spectrum avec l'équipe du Festival de Jazz et j'ai eu énormément de plaisir. » Puis, cinq ans après son passage à l'École du Barreau, l'administration l'informe qu'il peut, s'il le désire, compléter sa formation et être reçu. Hésitant, il s'inscrit tout de même et boucle la boucle.

L'appel

Après un stage à l'aide juridique, il devient finalement membre du Barreau du Québec en 1990. Recruté par un cabinet privé, il y travaille quelques mois à peine, le temps de se convaincre que, s'il songe à faire du droit, ce sera le droit de la jeunesse ou rien d'autre. De fil en aiguille il accepte de défendre un jeune contrevenant, puis un autre et construit sa réputation.

Aujourd'hui, rares sont les avocats en droit de la jeunesse, les juges et les intervenants sociaux de Montréal qui ne le connaissent pas. Bon an, mal an, 250 jeunes s'en remettent à lui pour défendre leurs droits. Un travail qui, il le confesse, est extrêmement exigeant. « Les corridors du Tribunal de la jeunesse sont des salles d'attente que l'on ne peut pas voir pour des raisons de confidentialité. Mais la réalité, elle, et les jeunes qui la vivent sont bien réels. Ce que nous voyons chaque jour est très dur. Ce sont des enfants d'immigrants, de milieux défavorisés, qui ont embarqué dans des gangs de rue parce qu'on ne leur a rien proposé d'autres. Des enfants négligés, des familles démembrées, des parents laissés seuls à eux-mêmes, qui passent de l'emploi à l'assurance-chômage puis à la sécurité du revenu et qui s'effondrent. C'est révoltant et extrêmement troublant. Pendant des années, je n'ai pas été en mesure de remplir mon panier d'épicerie sans penser à ces enfants qui ne mangeaient pas à leur faim. Après avoir vu et entendu tout ça, on ne peut pas s'en aller et laisser tomber. Comme avocat, mais surtout comme citoyen, je me sens responsable de ces jeunes. »

Confronté à ce qu'il considère être comme d'importantes lacunes dans le système, il y a quelques années, René Binet a choisi de prendre la parole ouvertement et publiquement. Depuis, signataire de nombreux articles sur le droit des jeunes et sur l'importance d'éradiquer la pauvreté, il dénonce régulièrement ce qu'il voit quotidiennement dans sa pratique. « Pendant 14 ans j'ai fait du cas par cas, tenté d'écouter les jeunes, de comprendre ce qu'ils vivaient, de mettre différents outils à leur disposition, puis je me suis dit que c'était insuffisant. J'ai eu envie de crier haut et fort qu'il fallait réagir, de réclamer des actions, de prendre le problème globalement. Nous avons de beaux systèmes : le Tribunal de la jeunesse, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse et j'en passe, qui coûtent des fortunes. On a l'impression que tout baigne dans l'huile, que tous ces droits-là sont respectés, mais dans les faits, quand on est sur le terrain, on se rend compte que c'est tout autre chose. En ce moment, je vois les petits frères des chefs de gangs de rue que j'ai vu il y a cinq ou dix ans. L'histoire se répète et la barbarie est contagieuse. »

Passionné, il déplore le traitement réservé aux enfants et l'indifférence généralisée qui subsiste à l'égard des familles entières d'immigrants entassées dans les HLM des quartiers défavorisés. « Nous avons décidé comme société d'accueillir des gens d'autres cultures chez nous. Ce n'est pas tout. Il ne s'agit pas de les laisser vivre ici pour qu'ils soient bien. Nos attitudes contribuent à créer des ghettos et les premières victimes de tout cela sont les enfants. Des enfants qui n'ont pas demandé à vivre ici, à vivre dans ces quartiers où il y a davantage de gangs de rue que d'activités de loisir proposées. Nous ne pouvons faire comme si tout cela n'existait pas.»

Jouer à l'oreille

Le cœur branché sur l'amplificateur, René Binet milite et bat la mesure dans tout le Québec. Ancien président de l'Association des avocats en droit de la jeunesse, il a mené de nombreuses représentations auprès des gouvernements, rencontrés les ministres, sollicités la participation d'un peu tout le monde, tenté de les rallier à sa cause, la cause des jeunes. Particulièrement actif lors de la refonte de la Loi sur les jeunes contrevenants, il prône l'intelligence dans l'action et la prévention. « En ce moment nous attendons des tribunaux qu'ils assument le rôle que l'Église avait jadis. Nous pensons qu'il s'agit qu'un jeune passe devant le juge, que l'on sévisse pour qu'il comprenne que ce qu'il a fait est inacceptable. C'est illusoire. Il faut agir avant. Avant que les problèmes arrivent. »

Le défi est énorme. Convaincu, René Binet continue pourtant d'espérer. Jour après jour, il ajuste ses instruments d'aujourd'hui au tempo des besoins et réalités des jeunes. « Quand un jeune se retrouve face à moi. Je le regarde aller. Je vois comment il pense régler ça. Souvent, il reconnaît sa culpabilité. Plus de 80% des jeunes le font en fait. Mon rôle à moi c'est de leur expliquer quels outils je peux mettre à leur disposition pour les aider. Je prends le temps de parler avec eux, de voir ce qu'ils vivent, d'où ils viennent. Généralement, ils s'ouvrent peu à peu. Pour eux, c'est dur de faire confiance. Je suis un adulte. Pire, un avocat et un avocat qui gagne bien sa vie. Pourtant j'arrive à entrer en communication avec eux, à créer des liens. Assez pour savoir qu'il est impossible de les laisser tomber. »

Voici son dernier témoignage en mémoire de Ian son protégé:

https://www.scfp2000.qc.ca/comites/information/docs/manchettes/2005/docs/02/2005_02_suicide.pdf