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La DPJ se fait sermonner

Lacunes dans la scolarisation des jeunes, installations déficientes pour les filles et important roulement de personnel. Dans un rapport rendu public récemment, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) sermonne la DPJ au sujet de services qu’elle rend à certains des enfants les plus vulnérables de notre société.

Sébastien Ménard
Journal de Montréal Le dimanche 3 avril 2011

http://lejournaldemontreal.canoe.ca/journaldemontreal/actualites/national/archives/2011/04/20110403-072236.html

Le rapport, qui a été déposé à l’Assemblée nationale récemment, fait le point sur les trois premières années de « la réforme majeure »entreprise par les Centres jeunesse en 2007.

Vendredi, le Journal révélait que la CDPDJ a constaté d’inquiétants « vides de services »dans l’accès aux ressources pour les enfants victimes de négligence. Mais ce n’est pas tout.

La Commission pointe aussi du doigt « certains aspects qui méritent une attention particulière» dans les services offerts aux jeunes bénéficiant d’un « encadrement intensif ». Il s’agit en quelque sorte des « soins intensifs »de la DPJ, un service de « réadaptation » où se retrouvent les enfants qui constituent « un danger pour eux-mêmes ou pour les autres ».

« Trois ans [après le début de la réforme de la DPJ], c’est l’occasion pour la Commission de lever des drapeaux jaunes », a expliqué au Journal la vice-présidente de la CDPDJ, Sylvie Godin.

Scolarisation déficiente

Certains enfants de la DPJ qui se retrouvent dans cet « encadrement intensif » ne reçoivent pas toute la scolarisation à laquelle ils ont droit, a relevé la Commission.

« La majorité des centres jeunesse ont prévu des programmes de scolarisation dans leur programmation, insiste Mme Godin, mais il y a des centres qui n’en avaient pas du tout », ditelle.

« La scolarisation, c’est un droit fondamental et il faut que ce soit prévu dans les programmes», ajoute-t-elle.

La CDPDJ a aussi noté que les installations« d’encadrement intensif » d’au moins un centre jeunesse ne sont pas adaptées pour recevoir à la fois des garçons et des filles.

« Pour nous, ça méritait d’être souligné, indique Sylvie Godin. On voudrait que le ministère investigue les conséquences de cette mixité au sens large, dit-elle. Qu’est-ce que ça peut entraîner, pour les jeunes, cette mixité d’âge, de sexe et le fait de réunir des jeunes [protégés avec des jeunes délinquants] ?, demande Mme Godin. Il faut que ce soit vérifié. »

Dans son rapport, la CDPDJ note également qu’il existe dans les Centres jeunesse un important« roulement de personnel » qui a des« impacts sur la formation des intervenants »,en plus de nuire aux relations entre la DPJ et le réseau de la santé.

« C’était une réforme majeure »

Sylvie Godin se fait rassurante, toutefois, et assure qu’il n’y a « pas de lacunes majeures »dans les centres jeunesse.

Elle juge qu’il serait « prétentieux, trois ans seulement » après l’implantation de la réforme de la DPJ, de croire que tous les changements prévus ont été effectués harmonieusement.

« C’était une réforme majeure qui nécessitait un grand nombre d’ajustements d’infrastructures et de pratiques », fait-elle valoir.

Avec la collaboration de Serge Laplante, notre recherchiste à l’Assemblée nationale