Nouveautés


Gestion du site

  1. Merci d'imprimer, découper à l'horizontale, distribuer et glisser partout, partout, partout notre feuillet publicitaire
  2. Nous ne nous impliquons pas en personne et ne référons pas d'avocats ou autres professionnels!
  3. Nous visons à vous épauler bénévolement le mieux possible, depuis plus de 25 ans, par l'information, pour vous garder libre et en santé.
  4. Pour partager avec d'autres jeunes ou parents concernés adhérez à : notre groupe public Facebook .
  5. Ce site reconstruit suite à sa 4 ème destructtion par le DPJ et ses complices, reçois plus de 60,000 visite par ans.
  6.  Si certains liens sont défectueux ou manquants, vous êtes invité à nous en informer.

Sondage

Moi je vote

Choix de langue

Outil de traduction gratuite de site Internet
by FreeWebsiteTranslation.com

L'école à deux vitesses

Malgré les beaux plans de lutte contre le décrochage scolaire qui se succèdent au Québec depuis vingt ans, rien n'y fait. L'an dernier, 26 % des élèves et 35 % des garçons ont quitté l'école sans avoir obtenu leur diplôme d'études secondaires. La pire performance des provinces canadiennes après le Manitoba.
Michel David
Édition du mardi 10 février 2009

http://www.ledevoir.com/2009/02/10/232810.html?fe=6096&fp=94452&fr=132221

«Ce ne sont pas les chiffres qui m'intéressent, mais plutôt les actions, les moyens et la volonté», déclarait la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, en septembre dernier. De la part de celle qui a réintroduit le bulletin chiffré, cela étonne un peu.

En réalité, cela dépend de quels chiffres il s'agit. Hier, Mme Courchesne a fait valoir que 85 % des élèves qui entrent au secondaire finissent par obtenir leur diplôme un jour ou l'autre. Évidemment, courir le 100 mètres en dix minutes plutôt qu'en dix secondes, c'est mieux que rien.

Pour 100 décrocheurs en Ontario, on en compte 137 au Québec, a calculé l'économiste Pierre Fortin. Dans la province voisine, le taux de décrochage a connu une baisse spectaculaire au cours des dernières années, tandis qu'il monte en flèche ici.

Tout le monde convient que le facteur socio-économique est déterminant. Un élève inscrit à une école de Westmount a presque sept fois plus de chances de terminer son secondaire que son camarade de Pointe-Saint-Charles.

Cela ne suffit toutefois pas à expliquer pourquoi les choses se détériorent à ce point au Québec et s'améliorent en Ontario. Soit, le Québec se classait au 10e rang des 13 provinces et territoires en matière de revenu par habitant en 2006, alors que l'Ontario arrivait 6e, mais les trois provinces dont le revenu par habitant est inférieur à celui du Québec ont fait mieux au chapitre du décrochage.

***

En juillet 2003, Le Devoir avait publié le texte d'une enseignante montréalaise, Christine Bellerose, qui, après avoir enseigné plusieurs années dans une école secondaire de la région de Toronto, avait profité d'une année sabbatique pour venir voir ce qui se passait dans les écoles de Montréal. Si l'expérience était concluante, elle n'excluait pas un retour définitif.

Elle a cependant eu un choc. En 16 ans à Toronto, elle n'avait jamais rencontré d'élèves qui lui avaient lancé l'équivalent de «Mêle-toi de tes crisse d'affaires» ou encore «Ça m'tente pas de travailler, stie». Pourquoi des adolescents si semblables dans la rue étaient-ils si différents dans la classe?

Elle avait alors réalisé qu'à Toronto, où l'école privée n'est pas subventionnée par l'État, tout le monde ou presque envoyait ses enfants à l'école publique, alors que le tiers des élèves montréalais, ceux qui en ont les moyens et qui sont jugés suffisamment performants, fréquentent maintenant l'école privée.

«Il est étonnant de constater qu'au Québec, on condamne la médecine à deux vitesses alors que l'éducation à deux vitesses y est acceptée et que l'écart entre ces deux vitesses semble même s'élargir», écrivait-elle. «Je vais m'ennuyer terriblement de Montréal, mais je retourne à Toronto, dans un système public qui a ses fautes, mais l'avantage d'inclure tous les élèves.»

Si Mme Bellerose revenait dans la métropole, elle découvrirait que rien n'a changé, bien au contraire. Seule l'introduction des mêmes méthodes de sélection dans certaines écoles publiques ralentit quelque peu l'exode vers l'école privée. Le résultat est de dépouiller encore davantage l'école publique «ordinaire» de ses meilleurs éléments. Inévitablement, la dynamique en classe s'en trouve affectée.

***

En 1996, le rapport de la Commission des États généraux sur l'Éducation avait recommandé non seulement un moratoire sur l'ouverture de nouvelles écoles privées, mais également la diminution progressive des subventions versées par l'État, qui représentent 60 % du financement du réseau privé. La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) demande qu'elles soient carrément abolies.

Que je sache, l'absence d'écoles privées subventionnées ne prive pas les élèves ontariens d'un enseignement de qualité. Cela n'élimine peut-être pas le décrochage, mais il faut bien constater que la situation est moins désastreuse qu'ici.

De toute évidence, le Québec n'est pas l'Ontario. Durant la campagne électorale de 2007, le chef du Parti progressiste-conservateur ontarien, John Tory, avait signé son arrêt de mort en proposant de subventionner les écoles confessionnelles.

Ici, le suicide politique consisterait plutôt à tenter de couper les vivres à l'école privée. Il est vrai que l'Ontario constitue une exception au Canada, mais aucune autre province ne lui fait une aussi grande place que le Québec.

D'ailleurs, il serait absurde de démanteler un réseau de cette qualité, que la population apprécie et qui permet au surplus à l'État de réaliser des économies. Rien d'interdit cependant d'en exiger une plus grande solidarité.

En 2005, Mme Marois avait proposé de conditionner les subventions aux écoles privées à leurs efforts pour intégrer des élèves en difficulté d'apprentissage. On n'en a plus entendu parler depuis. Durant la dernière campagne électorale, la plate-forme électorale du PQ parlait plutôt d'un plan d'action -- «national», bien entendu -- de lutte contre le décrochage. Un autre!

mdavid@ledevoir.com