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Ensemble contre le profilage racial

L'auteur définit le profilage racial comme toute action prise par des personnes en situation d'autorité qui appliquent une mesure, parfois même inconsciemment, sans justification raisonnable ou de façon disproportionnée, sur certains groupes du fait de leur appartenance raciale.

Publié le 20 mars 2010 à 05h00 | Mis à jour le 20 mars 2010 à 05h00

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201003/18/01-4261959-ensemble-contre-le-profilage-racial.php

Le profilage racial est une réalité. Que ce soit au Québec ou ailleurs, les statistiques, les témoignages et les analyses des recherches scientifiques témoignent de la réalité de ce fléau.

Préoccupée par l'augmentation du nombre de plaintes de discrimination et de profilage racial, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a lancé, en septembre 2009, une consultation sur le profilage racial et ses conséquences. Dans le cadre de cet exercice, nous avons choisi de faire porter la discussion plus particulièrement sur les situations vécues par les jeunes âgés de 14 à 25 ans parce que tout incident de profilage racial a d'importantes conséquences qui peuvent compromettre leur perspective d'avenir.

Pour orienter les discussions lors des audiences publiques qui auront lieu aux mois de mai et juin, la Commission vient de publier un document de consultation sur le profilage racial qui s'inspire de 150 témoignages de jeunes, de leurs parents, d'intervenants, d'experts et des représentants de groupes communautaires.

Les témoignages recueillis illustrent de façon éloquente l'humiliation et l'injustice ressenties non seulement par les jeunes mais aussi par leurs parents qui se sentent particulièrement démunis et impuissants face à ces préjugés.

Le profilage racial désigne toute action prise par des personnes en situation d'autorité qui appliquent une mesure, parfois même inconsciemment, sans justification raisonnable ou de façon disproportionnée, sur certains groupes du fait de leur appartenance raciale. On pense souvent aux représentants des force de l'ordre quand il est question de personnes en situation d'autorité, mais des directeurs qui appliquent des codes de vie en milieu scolaire ou des intervenants des milieux des services sociaux et de la protection de la jeunesse sont également des personnes en situation d'autorité qui peuvent inconsciemment se livrer au profilage.

Comme les jeunes sont parmi les plus grands utilisateurs de l'espace public, le plus grand nombre de témoignages que nous avons recueillis portent sur les contacts entre les jeunes des minorités racisées et des agents des services de l'ordre ou des services de sécurité privés. Que ce soit dans les transports en commun, dans les bars, dans les parcs, dans les centres d'achat, les jeunes racisés nous ont rapporté qu'ils sont souvent ciblés.

La situation est d'autant préoccupante que le premier contact avec les forces de l'ordre constitue la principale porte d'entrée dans le système judiciaire.

Même si l'école, en tant que telle, vise à se préserver de toute forme de racisme et de discrimination, elle n'est pas imperméable à ce phénomène qui prend en son sein des formes plus subtiles et indirectes. Il s'agirait davantage d'inégalités dans la réussite scolaire qui s'expliquent, notamment, par une orientation scolaire limitative ou une application disproportionnée des mesures disciplinaires à l'endroit des élèves des communautés racisées.

Par exemple, selon une étude publiée en 2008, parmi les élèves du secteur français arrivés à l'âge normal en 1ère secondaire, 25,9 % des élèves issus de l'immigration avaient accumulé un retard scolaire en 3e secondaire, contre seulement 19,8 % pour l'ensemble des étudiants. De plus, l'échec scolaire frappe davantage les jeunes issus de l'immigration qui demeurent moins longtemps au sein du système éducatif et le quittent après avoir été proportionnellement plus nombreux dans des programmes scolaires moins valorisés.

Les rapports des communautés racisées avec les services sociaux et de la protection de la jeunesse demeurent également préoccupants. Selon des recherches récentes, bien que les jeunes Noirs représentent 7% de la population montréalaise chez les 0 à 15 ans, ils forment environ 18% des mineurs ayant fait l'objet d'un signalement retenu par le Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ).

À la lumière de tous ces témoignages et des recherches colligées, la Commission juge qu'il est essentiel de tirer la sonnette d'alarme. L'heure est à la solidarité. Nous devons rapidement identifier des solutions qui mettront un terme au profilage racial. Voila pourquoi la Commission lance une invitation aux organismes communautaires et aux institutions publiques qui sont interpellés par cette problématique à venir soumettre leurs solutions. Ensemble nous pouvons changer les choses pour offrir une société ouverte et juste, exempte de racisme.

Gaétan Cousineau, président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec